« Quand on veut, on peut » : et si cette phrase était fausse ?
Dernière mise à jour : 27 août
« Quand on veut, on peut. »
Tu as probablement déjà entendu cette phrase. Peut-être même qu’on te l’a répétée pour t’encourager : quand on veut vraiment quelque chose, il faut se donner les moyens d’y arriver, persévérer et ne pas abandonner.
Sur le principe, l’intention est plutôt positive.
Pourtant, cette phrase me dérange.
Parce qu’elle laisse entendre que vouloir suffisamment fort permettrait de réussir. Et si ce n’est pas le cas, la conclusion devient rapidement assez brutale : tu n’as peut-être pas assez voulu.
C’est une idée que je trouve particulièrement intéressante à questionner, notamment lorsqu’on parle de performance, de sport, d’études ou de travail.
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IA : utilisée comme outil d’aide pour l’orthographe, la reformulation, la fluidité des phrases et la génération automatique des légendes d’images.

Vouloir compte. Mais vouloir ne suffit pas.
Bien sûr que la volonté a son importance.
Si tu souhaites progresser dans un sport, réussir un examen ou changer quelque chose dans ta vie, ton engagement va jouer un rôle. Tes efforts, ta persévérance, ta capacité à apprendre de tes erreurs et à adapter ta manière de faire vont également compter.
Mais entre vouloir quelque chose et l’obtenir, il existe beaucoup d’autres facteurs.
Ton environnement, ton entourage, tes ressources, ton niveau de compétence, ton état physique et psychologique, les opportunités auxquelles tu as accès, les décisions des autres, les contraintes auxquelles tu fais face et parfois simplement les circonstances peuvent influencer le résultat.
Deux personnes peuvent donc vouloir exactement la même chose, faire des efforts importants et pourtant ne pas avoir le même parcours.
Prenons un jeune sportif qui rêve d'atteindre le haut niveau. Il peut être motivé, s'entraîner sérieusement et faire beaucoup de sacrifices. Mais il peut aussi évoluer dans un environnement plus ou moins favorable, avoir accès à certaines ressources ou non, être soutenu par son entourage ou devoir composer avec des difficultés personnelles, une blessure ou des contraintes qui ne dépendent pas entièrement de lui.
Est-ce que cela signifie qu'il ne voulait pas suffisamment réussir ?
Évidemment, la réponse n'est pas aussi simple.
Le problème apparaît surtout quand on explique l'échec par un manque de volonté
C'est là que cette phrase peut devenir réellement blessante.
Imagine que tu travailles pendant plusieurs semaines pour un examen et que tu échoues. Si tu crois profondément à l'idée que « quand on veut, on peut », tu risques de chercher l'explication uniquement chez toi.
Je n'ai pas assez travaillé.
Je n'étais pas assez motivé.
Je n'ai pas suffisamment cru en moi.
Je ne le voulais peut-être pas vraiment.
Parfois, ces réflexions peuvent être utiles. Il arrive effectivement qu'on puisse faire davantage, mieux s'organiser ou changer de stratégie.
Mais parfois, elles conduisent surtout à une forme de culpabilité.
On oublie alors de regarder l'ensemble de la situation.
En psychologie du sport, cette question est particulièrement intéressante. La manière dont une personne explique ses réussites et ses échecs peut être influencée par une tendance à rechercher les causes à l'intérieur d'elle-même. Or, prendre la responsabilité de ce qui nous arrive ne signifie pas que tout dépend de nous. Une responsabilisation excessive peut même conduire à s'attribuer des événements sur lesquels on avait en réalité peu de contrôle.
Responsabilité et culpabilité ne sont donc pas synonymes.
Mais l'autre extrême existe aussi
Pour autant, je ne voudrais pas que cet article soit compris comme une invitation à tout mettre sur le compte des circonstances.
Parce qu'il existe une autre manière de se raconter les choses :
Je n'ai pas réussi parce que je n'ai pas eu de chance.
J'étais mal entouré.
Les autres avaient de meilleures conditions.
Ce n'était pas le bon moment.
Je n'y pouvais rien.
Et parfois, c'est effectivement vrai.
Les circonstances peuvent être difficiles. Certaines personnes partent avec davantage de ressources que d'autres. Certaines rencontrent des obstacles qui ne sont pas de leur fait.
Mais même lorsque les circonstances jouent un rôle important, une question reste intéressante :
Qu'est-ce qui est encore possible à partir d'ici ?
Pour moi, c'est là que se trouve une forme de responsabilité beaucoup plus utile.
Tout ne dépend pas de toi. Mais quelque chose dépend de toi.
Tu ne contrôles pas toujours le résultat d'une compétition.
Tu ne contrôles pas le niveau de difficulté d'un examen, la décision d'un recruteur, le comportement d'un adversaire ou les événements qui vont se produire demain.
En revanche, tu peux parfois agir sur ta préparation, ton organisation, ta récupération, les personnes que tu sollicites, les stratégies que tu utilises ou la manière dont tu réagis après une difficulté.
Cela peut paraître évident, mais la distinction est importante.
Tu n'es pas responsable de tout ce qui t'arrive. Tu peux en revanche être acteur de ce que tu en fais.
Et cette nuance change beaucoup de choses.
Elle permet de reconnaître les contraintes réelles sans considérer pour autant que tout est joué d'avance.
La question n'est peut-être donc pas : « Est-ce que tu le veux assez ? »
C'est une question que l'on entend souvent.
Tu veux vraiment réussir ? Alors travaille davantage.
Tu veux vraiment y arriver ? Alors accroche-toi.
Parfois, c'est exactement ce dont une personne a besoin.
Mais parfois, la question la plus intéressante est ailleurs.
Qu'est-ce qui t'empêche aujourd'hui d'avancer ?
Puis :
Qu'est-ce qui dépend réellement de toi ?
Et enfin :
Quel serait le prochain petit changement que tu pourrais mettre en place ?
Ces questions permettent de sortir d'un raisonnement en tout ou rien.
Tu n'as pas besoin de croire que tout est possible.
Tu n'as pas non plus besoin de considérer que rien ne dépend de toi.
Tu peux simplement chercher où se trouve ta marge de manœuvre.
Faire des efforts reste important
Je pense qu'il faut aussi être clair sur ce point.
Reconnaître l'influence des circonstances ne doit pas devenir une manière élégante de se déresponsabiliser.
Il arrive que la réponse soit effectivement : je n'ai pas fait l'effort nécessaire.
Il arrive aussi qu'il faille reconnaître : ma manière de travailler n'était pas adaptée, je me suis mal préparé, je n'ai pas demandé d'aide alors que j'en avais besoin ou encore j'ai abandonné trop rapidement.
Pouvoir regarder cela honnêtement est une force.
Mais il y a une différence entre dire :
« Voilà ce que j'aurais pu faire différemment. »
et :
« Tout est de ma faute. »
La première formulation permet d'apprendre et d'agir.
La seconde risque surtout de faire porter à la personne une responsabilité qui dépasse parfois largement ce qu'elle pouvait réellement contrôler.
Alors, que penser de « Quand on veut, on peut » ?
Je ne dirais pas que cette phrase est complètement fausse.
Je dirais plutôt qu'elle est trop simple pour décrire la réalité.
Vouloir compte.
Faire des efforts compte.
Persévérer compte.
Mais le résultat dépend rarement uniquement de ces éléments.
Parfois, tu vas faire tout ce que tu peux et ne pas obtenir le résultat espéré.
Parfois, tu vas constater que tu n'as effectivement pas fait tout ce que tu pouvais.
Et parfois, les deux seront vrais en même temps : certaines circonstances t'auront compliqué la tâche, et tu auras malgré tout une marge d'action que tu peux encore développer.
C'est précisément cette zone-là qui m'intéresse.
Entre « tout dépend de moi » et « rien ne dépend de moi », il existe un espace beaucoup plus réaliste :
Qu'est-ce qui dépend de moi, ici et maintenant ?
C'est probablement une question moins spectaculaire que « Est-ce que tu le veux vraiment ? ».
Mais elle permet souvent d'aller beaucoup plus loin.
Parce qu'au fond, la question n'est pas seulement de savoir si tu veux quelque chose.
La vraie question est aussi de savoir ce que tu peux faire avec la situation que tu as aujourd'hui.
Et parfois, c'est à partir de là que le changement commence.


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